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 Détour matinal [PV Rubben].

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MessageSujet: Détour matinal [PV Rubben].   02.02.12 8:39

La petite salle sentait le café frais et les biscottes, et une odeur étrange qu'Artémis identifiait comme celle des biscuits que l'on achetait dans les machines à la piscine, après la douche. Ajoutés à son parfum, toutes ces senteurs lui chamboulaient les neurones pour deux raisons. La première, cela lui remémorait des souvenirs pas si lointains de la maison de ses grands-parents, où elle avait séjourné quelques temps avant de retrouver un « chez elle », et la seconde: elle n'avait pas dormi depuis le jour précédent où elle s'était levée à cinq heures. Comme il devait être près de dix heures du matin, cela faisait un bout qu'Artémis était incapable de calculer dans son état végétatif.

Comme tous les jours vers dix heures, elle devait venir ouvrir la salle multimédia et y vérifier les ordinateurs un à un. En quelque sorte, son travail de responsable, bien qu'il ne se résumait pas seulement à ce geste. Cela ne lui prenait jamais beaucoup de temps et elle s'acquittait de cette tâche sans broncher, car c'était la seule tâche qu'elle réalisait de toute façon à l'intérieur du pensionnat. Elle ne s'occupait pas elle-même de sa lessive — alors quelque part, se lever le matin pour s'occuper de l'informatique réduit du pensionnat lui permettait de tenir son sentiment de redevance à l'écart. Elle n'avait ainsi pas l'impression d'être la sangsue que tout le monde décrivait.

D'habitude, elle allumait les postes un à un et vérifiait les diverses mises à jour à faire. Elle se forçait à ne rien automatiser ou sauter, car elle restait persuadée que même si tous les ordinateurs étaient de la même marque et achetés au même magasin, il fallait faire cas d'exception. Chacun n'était pas utilisé ni de la même manière, ni par les mêmes personnes, après tout. Mais en considérant sa fatigue et l'absence de boisson énergisante dans son casier, Artémis s'était contentée d'enfourcher sa paire de lunettes sur son nez et de les allumer tous d'un coup. Leurs écrans bleutés brillaient tout autour, se mêlant à la lueur du jour nordique qui pointait dehors.

Dans la salle, cela créait un léger bourdonnement rassurant et la chaleur ne tarderait pas à grimper. Pendant un instant, elle contempla l'extérieur. Elle voyait un bout du bâtiment des dortoirs et la forêt, un peu plus loin. En tendant l'oreille, elle percevait les oiseaux derrière la fenêtre pourtant épaisse. Une douce lumière matinale la faisait cligner des yeux.

La mélodie de démarrage du poste devant lequel elle s'était assise retentit, la rappelant à l'ordre. Elle ouvrit l'anti-virus, le gestionnaire de mises à jour et lança une analyse anti-malware machinalement, avant de se déplacer sur la chaise suivante, à côté d'un ordinateur qui finissait d'afficher le bureau. Plus que dix à vérifier! pensa-t-elle, et cela la fit sourire derrière ses lunettes. Elle retournerait bien vite dans sa chambre.
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MessageSujet: Re: Détour matinal [PV Rubben].   02.02.12 19:33

"Et une et deux, et une et deux, et une et deux, wééé ! Et une et deux, et une et deux, et une et deux, wééé !"

Ce rythme effréné répandu à travers les couloirs du pensionnat était distillé avec une bonne humeur qui se voulait communicative, bien que ce soit à un volume un peu trop élevé pour être sympathique. Il s'agissait en fait de la gymnastique matinale de Rubben qui, dans un élan de générosité et de partage, espérait transmettre à ses camarades un peu de son énergie, et leur donner envie de le suivre dans ses divagations sportives. Sauf qu'il n'était pas certain que les camarades en questions soient particulièrement ravis de ce tintamarre.

Mais à cela, Rubben n'avait même pas réfléchi, et continuait son chant dynamique tout en bougeant du body, avançant au fur et à mesure dans le dédale des couloirs. Au rythme de la musique qu'il avait sur les oreilles, il tendait sa jambe droite sur le côté, la ramenait, tendait la gauche, puis avançait en tournoyant une ou deux fois, et recommençait son manège (comment ne pas appeler ça des "divagations sportives" ?). Évidemment, il s'était habillé pour l'occasion : son pantalon de "sport" rouge en toile légère qui partait en s'évasant vers le sol tourbillonnait avec lui à chaque mouvement. Son tee-shirt, lui, était heureusement convenablement moulant, évitant de créer un effet tornade de couleurs étant donné qu'il était joyeusement bariolé. En revanche, la veste à capuche fine que Rubben portait sur les épaules et qui, on ne savait trop pour quelle raison, possédait des manches à froufrous, style Louis XIV (n'était-ce pas censé être une veste de sport ?) accompagnait le pantalon dans les envolées dansantes, d'autant plus que le jeune homme y avait cousu quelques plumes et perles de-ci de-là. Plumes et bijoux que l'on pouvait retrouver dans sa chevelure qui avait une couleur châtain tirant sur le roux en ce moment.

Bref, tout un personnage. Qu'il était im-pos-si-ble de rater ou de faire comme si on ne l'avait pas vu. A moins d'avoir une sacrée mauvaise foi (ou quelques handicaps que nous ne souhaitons bien sûr à personne).
En réalité, en ce beau matin d'hiver finlandais, le but de Rubben n'était même pas de faire mourir tous ses camarades d'une crise cardiaque ou d'une attaque de stress en l'entendant ainsi brailler dans le pensionnat. Non, il comptait seulement se rendre jusqu'à la salle informatique. Il espérait y trouver là une personne suffisamment calée pour lui expliquer le pourquoi du comment est-ce que son téléphone portable ne fonctionnait plus. C'était une véritable catastrophe, un cataclysme improbable pour lui qui décrochait rarement de ce petit objet. Seulement, même s'il adorait s'en servir, il ne s'y connaissait absolument pas lorsqu'il s'agissait de technique. Ainsi, il espérait trouver, dans le lot des geeks, un qui puisse lui venir en aide. Qui puisse, et qui veuille bien. Elles étaient parfois désagréables ces p'tites bêtes.

Repartant de plus belle alors que son MP3 lui passait maintenant Jump de Van Halen, Rubben finit par arriver à la salle multimédia... Quasiment vide. Puis, il se tapa le front du plat de la main tout en levant les yeux au ciel : les geeks ne se levaient pas si tôt le matin, idiot qu'il était !
Il y avait cependant une présence qui pourrait peut-être le renseigner. Il allait s'approcher lorsqu'il les vit. Et bam, ça le toucha en plein cœur. Oui, il n'y avait pas de toute, c'était elles. Il les aurait reconnues entre toutes. C'était les lunettes de sa vie.
Il en tomba à genoux devant la chaise de la jeune fille qui les portait sur le nez et porta les deux mains à son cœur, dans une gestuelle hyper théâtrale.

"Mon-dieu-Marie-Joseph-sainte-mère-de-la-mode-et-du-bon-goût, ce que vous avez de belles lunettes !"

Il savait que c'était affreusement malpoli, surtout qu'il ne connaissait pas du tout cette jeune fille, mais il ne pouvait détacher son regard de ses yeux orangers. Il n'avait jamais vu accessoire plus classe.

Réflexion faite, il n'avait jamais vu accessoire plus classe sur quelqu'un d'autre que lui. Cette fille était in.

"Je t'en prie, ne me torture pas plus longtemps, et dis-moi où tu as eu cette superbe paire... De lunettes, évidemment !" Non mais quand même, pas de vulgarité.

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MessageSujet: Re: Détour matinal [PV Rubben].   02.02.12 21:01

D'un regard rapide à la fenêtre de l'anti-virus, sur l'écran, elle constata que ce poste-ci était infecté. Elle supprima les menaces grâce au logiciel et continua ses vérifications. Cela avait tout du rituel, en fin de compte. Certains avaient besoin de leur café, ou de leur bulletin météo, ou même de leur journal radio avant de bien engager la journée. Artémis avait ça; une tâche qui ne monopolisait pas son attention, répétitive mais simple, la routine. Elle perdit son regard quelque part au-dessus de l'écran, ressassant certaines parts de son passé comme si elles avaient été sombres alors que cela n'avait jamais été le cas.
« Mon-dieu-Marie-Joseph-sainte-mère-de-la-mode-et-du-bon-goût, ce que vous avez de belles lunettes ! » s'écria soudain un énergumène étrange et bariolé à quelques centimètres d'elle, à genoux. Elle sursauta.

Se levant d'un bond, elle fit un pas en arrière, décalant la chaise sans s'en rendre compte. Elle écarquilla les yeux. Elle ne savait pas si sa fatigue lui jouait des tours et si elle portait dans les hallucinations, ou si cette personne existait réellement. Les mains jointes, Artémis n'aurait su dire si cela tenait du Roméo devant sa belle au théâtre ou de la prière énamourée au petit Jésus. Dans tous les cas, c'était plus que gênant.

« Je t'en prie, ne me torture pas plus longtemps, et dis-moi où tu as eu cette superbe paire... De lunettes, évidemment !
— Je... bégaya Artémis, se sentant rougir de la racine de ses cheveux jusqu'aux pieds. Je... Que... Quoi? Vous êtes... ? Vous... T'es qui? Je... pardon. »

Elle se secoua la tête, comme si elle s'ébrouait, et plaqua le revers de sa main contre son front, pour tenter d'apaiser la chaleur qui l'empourprait. Elle se savait tremblante et son sourire devait être flageolent, quelque part entre le pincement de lèvres et l'air navré. Timidité maladive. Elle allait se reprendre. Elle allait se reprendre, et elle se répéta cette phrase dans son esprit, pour se donner du courage et reprendre confiance en elle.

« Je... je suis désolée... qu'est-ce que... vous avez dit? Vous voulez mes lunettes? »

Artémis tentait de respirer lentement, les yeux toujours rivés sur l'étrange bonhomme aux froufrous et babioles colorés, cherchant à savoir si cela pouvait être le fruit de son imagination. Artémis ne l'avait jamais vu auparavant — ce qui semblait particulièrement étrange si l'on considérait son accoutrement pour le moins excentrique. Il ne devait pas passer inaperçu dans les couloirs. Elle plissa les yeux, mais l'image ne disparut pas.
Paralysée sur place, une main sur le front et l'autre le long de sa cuisse, tremblante, Artémis se sentait particulièrement gourde. Elle n'était pas certaine d'avoir correctement compris ce que l'inconnu venait de lui dire et s'était déjà ridiculisée ne serait-ce qu'en sursautant puis en bégayant lamentablement. Il fallait qu'elle se reprenne. Elle tenta de chasser le plus de pensées qu'il fut possible de sa tête et débita d'une traite.

« Ce sont des lunettes spéciales, pourquoi... pourquoi vous en voudriez? »
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MessageSujet: Re: Détour matinal [PV Rubben].   10.02.12 15:25

« Ce sont des lunettes spéciales, pourquoi... pourquoi vous en voudriez? »

Bien sûr que c'était des lunettes spéciales, Rubben n'en doutait pas un seul instant. Cette forme si originale, qui reprenait à la fois des courbes communes aux binocles habituelles tout en semblant les réinventer complétement, et surtout cette couleur lumineuse...! Le jeune homme en lâcha un soupir d'aise, qui mourut doucement entre ses lèvres fines, écartées en un sourire doux. Pour lui qui adorait s'habiller, se déguiser, et assortir vêtements et accessoires, ces lunettes étaient les cerises sur le gâteau.

Perdu dans ses pensées et surtout dans sa contemplation béate des lunettes orangées, il n'avait même pas remarqué le trouble pourtant évident de la jeune fille devant lui. C'est avec ferveur qu'il continua sur sa lancée, toujours agenouillé.

"Mais je les voudrais parce qu'elles sont absolument épatantes ! Cette couleur, la façon dont elles habillent ton visage, cette luminosité qu'elles lui donnent... C'est dingue ! Alors bien sûr, je n'ai pas réellement les vêtements adéquats présentement, mais je peux t'assurer que j'ai un ensemble pantalon-veston-coton qui irait à merveille avec."

Tout en débitant sa tirade d'un air parfaitement sérieux, Rubben s'était relevé, épousseté - quand même - et appuyé négligemment contre l'un des bureaux. Cette attitude parfaitement nonchalante, celle de tout badaud conversant de choses et d'autres, montrait bien qu'il n'avait absolument pas fait attention à l'émoi manifeste d'Artémis. Il avait simplement l'air de discuter avec elle, presque comme s'il la connaissait depuis longtemps. Rubben était comme ça : comme un poisson dans l'eau dès qu'il s'agissait d'être entouré d'autres personnes, alors même qu'il était lui-même un personnage totalement atypique et qu'il ne se fondait pas du tout dans la masse. La plupart des gens essayaient souvent, c'était bien connu, de s'adapter au groupe dans lequel ils souhaitaient être admis, en changeant plus ou moins leur personnalité, en l'harmonisant aux conditions et attitudes pré-établies par le groupe. C'était des comportements humains normaux - puisque admis et pratiqué par la grande majorité depuis des lustres.
Mais Rubben ne semblait pas habiter sur la même planète, à moins qu'il ne soit un remake de Superman venu d'une autre terre céleste pour sauver le monde à coup de soie et de paillettes. Ce n'était même pas que le jeune homme avait épousé une grande cause indépendantiste et qu'il affirmait haut et fort ne pas vouloir être comme tout le monde ; il n'avait même pas l'air de se rendre compte que les conventions sociales exigeaient qu'il s'arrange pour être conforme aux normes. Il était juste lui, sans se poser de questions. Raison pour laquelle il donnait souvent l'impression d'être à l'ouest, ou bien d'avoir fumé quelques substances interdites.

En parlant justement de plantes illicites, Rubben venait de se frapper le front sans raison apparente. Masochiste - et taré ? Peut-être. Mais dans l'instant présent, il venait surtout de se rendre compte de son impolitesse.

"Saperlipopette - nombre de gens se demandaient régulièrement s'il sortait de la même époque qu'eux, ou bien s'il n'avait raté le coche des années 20 - quel idiot je fais, je ne me suis même pas présenté ! Excuse-moi, j'agis comme un goujat. Je m'appelle Rubben, et je suis enchanté de te rencontrer, dit-il en lui tendant la main. Je suis déjà venu plusieurs fois dans cette salle, mais je n'avais jamais eu le plaisir de t'y croiser, sinon je m'en souviendrais ! Une fleur parmi les geeks, ça ne s'oublie pas. Tu t'es trompée de salle, ou bien tu es venue ici de ton plein gré ?"
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